
Nous passons une grande partie de notre temps dans des espaces clos : chez nous, au bureau, dans les commerces, les écoles…
Pourtant, la pollution de l’air intérieur est bien réelle : l’air intérieur peut contenir de nombreux polluants, parfois invisibles et inodores. Matériaux de construction et de décoration, peintures, colles, mobilier, produits d’entretien, parfums d’ambiance, activités de bricolage ou de cuisson… les sources sont multiples.
Parmi eux, on retrouve notamment les composés organiques volatils, ou COV.
Alors, comment limiter notre exposition ? Et surtout, les plantes, souvent présentées comme « dépolluantes », peuvent-elles réellement nous aider à assainir l’air de nos intérieurs ?
D’où vient la pollution de l’air intérieur ?
Ils peuvent être présents dans de nombreux éléments qui nous entourent au quotidien.
Les peintures, vernis, colles, revêtements de sols et de murs, panneaux de bois, certains meubles et matériaux, mais aussi les produits d’entretien, désodorisants, parfums d’ambiance, bougies ou encens peuvent émettre différentes substances dans l’air intérieur.
Certaines activités, comme la cuisson, le bricolage ou le tabagisme, peuvent également contribuer à sa pollution.
Parmi les polluants que l’on peut retrouver figurent notamment certains COV, comme le formaldéhyde, le benzène, le toluène ou le xylène, mais aussi des particules, du monoxyde de carbone, des allergènes ou encore des moisissures.
La pollution de l’air intérieur ne provient donc pas d’une seule source : elle résulte de l’ensemble des matériaux, produits, équipements et activités présents dans nos lieux de vie et de travail.

Produits d’entretien, matériaux, revêtements, mobilier, peintures… les sources potentielles de polluants sont multiples dans nos intérieurs.
Les plantes absorbent-elles réellement certains polluants ?
Oui… mais cette affirmation mérite d’être nuancée.
Des expérimentations menées en laboratoire ont montré que certaines plantes et leur substrat peuvent absorber certains polluants présents dans l’air, notamment des COV.
Le phénomène existe donc bien.
Le système racinaire et les micro-organismes présents dans le substrat participent également aux mécanismes observés : la plante ne travaille pas seule.
Mais il existe une différence importante entre ce qui peut être mesuré dans les conditions contrôlées d’un laboratoire et ce qui se passe réellement dans un logement ou un bureau.
Avec un nombre raisonnable de plantes dans une pièce, leur capacité d’épuration reste trop faible pour permettre, à elle seule, d’améliorer significativement la qualité de l’air intérieur.
Autrement dit : les plantes peuvent absorber certains polluants, mais elles ne remplacent ni l’aération ni une ventilation efficace. Et il n’existe donc pas de nombre magique de plantes à installer par mètre carré pour « dépolluer » une pièce.
Alors, comment améliorer réellement la qualité de l’air ?
Le premier réflexe reste simple : renouveler l’air.
Aérer régulièrement permet d’évacuer une partie des polluants et de l’humidité qui s’accumulent dans nos espaces. Une ventilation correctement entretenue joue également un rôle essentiel dans le renouvellement permanent de l’air.
Mais nous pouvons aussi agir à la source, notamment lorsque nous aménageons ou rénovons un intérieur.
Pour les produits de construction et de décoration concernés — peintures, vernis, revêtements, colles… — l’étiquette « Émissions dans l’air intérieur », classée de A+ à C, constitue un repère intéressant : A+ correspond au niveau d’émissions le plus faible.
Limiter les produits très parfumés, choisir avec attention ses produits d’entretien et aérer pendant et après le ménage ou des travaux sont également de bons réflexes.
Finalement, améliorer la qualité de l’air ne repose pas sur une solution miracle, mais plutôt sur une combinaison de gestes et de choix cohérents.
Et le mobilier ?
Le mobilier peut lui aussi être à l’origine d’émissions, selon les matériaux, les colles, les traitements et les finitions utilisés.
Lors de l’achat de mobilier neuf, il est donc intéressant de regarder sa composition, les matériaux employés et les informations fournies par le fabricant.
Et le mobilier de seconde main ?
Il présente de nombreux intérêts environnementaux et économiques et permet de prolonger la durée de vie de l’existant. Mais contrairement à ce que l’on peut parfois lire, un meuble ancien ou de seconde main n’est pas automatiquement exempt de substances indésirables : tout dépend de son époque, de sa composition et des traitements qu’il a reçus.

Projet DOMÉKA – Le végétal intégré à l’aménagement pour apporter du vivant et contribuer à une atmosphère plus agréable dans les espaces professionnels.
Alors, pourquoi intégrer des plantes dans nos intérieurs ?
Parce que leur intérêt ne se résume justement pas à leur éventuelle capacité d’absorption de certains polluants.
Elles permettent de végétaliser nos espaces, d’y introduire le vivant, de contribuer à une atmosphère plus agréable et d’apporter une véritable dimension esthétique.
Et leurs bénéfices ne s’arrêtent pas là. Plusieurs recherches consacrées à la présence de végétation dans nos environnements intérieurs mettent notamment en évidence des effets positifs sur le bien-être, la réduction du stress, la satisfaction vis-à-vis de l’espace de travail, et dans certaines études sur l’attention ou la productivité.
Dans les espaces professionnels, végétaliser ne répond donc pas uniquement à un objectif esthétique : cela peut aussi participer à créer un environnement de travail plus agréable et favorable au bien-être des collaborateurs.
C’est pourquoi j’intègre naturellement le végétal dans mes projets lorsque cela est pertinent, en sélectionnant les plantes en fonction de l’espace, de la luminosité, des usages et des contraintes d’entretien.
Pour aller plus loin dans cette démarche, j’ai choisi de travailler avec les Pépinières Bochnakian, un partenaire local avec lequel j’ai noué une collaboration. Ce choix me permet de privilégier un approvisionnement de proximité tout en m’appuyant sur leur expertise pour sélectionner des végétaux adaptés à chaque projet et à leurs conditions réelles de développement.
Des plantes, oui… mais pas comme purificateur d’air
Les plantes ont toute leur place dans nos intérieurs.
Elles apportent du vivant, de la couleur, une dimension naturelle et participent à créer des espaces plus agréables à vivre et à travailler.
Certaines sont effectivement capables d’absorber certains polluants dans des conditions expérimentales. Mais dans nos espaces réels, elles ne constituent pas une solution suffisante pour dépolluer l’air.
Pour préserver la qualité de notre environnement intérieur, les priorités restent donc de limiter les sources de pollution, de choisir attentivement les matériaux et produits que nous faisons entrer dans nos espaces, d’aérer et d’assurer une ventilation efficace.
Et ensuite ?
Entourons-nous de plantes… simplement parce qu’elles ont beaucoup d’autres bonnes raisons d’être là.
FAQ
Climat Plantes et pollution de l’air intérieur
Certaines plantes et leur substrat peuvent absorber certains polluants, notamment des COV, et cet effet a été observé expérimentalement. Dans les conditions réelles d’un logement ou d’un bureau, leur efficacité reste toutefois trop faible pour permettre aux plantes seules d’assainir l’air d’une pièce. Aération, ventilation et réduction des sources de pollution restent prioritaires.
Les composés organiques volatils (COV) sont une famille de substances qui peuvent se retrouver dans l’air intérieur. Certains sont notamment émis par des peintures, vernis, colles, produits d’entretien, matériaux ou éléments de mobilier. Le formaldéhyde, le benzène, le toluène et le xylène en font partie.
Pour les produits de construction et de décoration concernés, l’étiquette « Émissions dans l’air intérieur » permet de comparer leurs émissions de polluants volatils. Elle va de A+ à C, A+ correspondant aux émissions les plus faibles.
Il est également utile de regarder la composition des produits et les informations communiquées par les fabricants.



