
Les plantes d’intérieur ont trouvé une place de choix dans nos maisons comme dans nos espaces de travail. Elles apportent du vivant, de la couleur et transforment immédiatement notre perception d’un lieu. Mais pour végétaliser son intérieur durablement, encore faut-il bien les choisir.
Pendant longtemps, certaines espèces ont également été présentées comme des « plantes dépolluantes », capables d’assainir l’air de nos intérieurs.
Nous l’avons vu dans mon précédent article consacré à la pollution de l’air intérieur : la réalité est plus nuancée. Certaines plantes peuvent effectivement absorber certains polluants dans des conditions expérimentales, mais leur efficacité reste trop faible dans les conditions réelles pour permettre, à elles seules, de dépolluer une pièce.
Faut-il pour autant se passer de plantes ?
Certainement pas !
Car elles ont bien d’autres qualités. Encore faut-il choisir la bonne plante, au bon endroit et adaptée à nos habitudes de vie.
Les plantes ont bien d’autres bénéfices
Si leur pouvoir « dépolluant » dans nos espaces réels doit être relativisé, la présence de végétation dans nos environnements n’est pas pour autant anodine.
Les recherches consacrées au contact avec la nature et à la végétalisation des espaces de travail ont notamment mis en évidence des effets positifs sur le bien-être, la satisfaction vis-à-vis de l’environnement de travail, la concentration et certains états d’humeur.
Une étude menée dans de véritables bureaux au Royaume-Uni et aux Pays-Bas a ainsi montré que l’introduction de plantes dans des espaces initialement très dépouillés améliorait notamment la satisfaction vis-à-vis de l’environnement de travail et la concentration déclarée. Dans les conditions étudiées, la productivité a également augmenté de 15 %.
D’autres recherches ont également étudié les effets psychologiques de la présence de végétation dans nos environnements. Les résultats peuvent varier selon les études et les situations, mais certains travaux mettent notamment en évidence des effets sur le stress, la perception de l’environnement et certains états émotionnels.
Les plantes ne sont donc pas des purificateurs d’air miracles, mais elles ont toute leur place dans des espaces pensés pour être plus agréables, plus vivants et dans lesquels nous nous sentons bien.

La bonne plante est avant tout celle qui est adaptée à son environnement
Choisir une plante uniquement parce qu’elle nous plaît est tentant. Mais pour qu’elle s’épanouisse durablement, mieux vaut tenir compte de ses besoins.
La luminosité et l’exposition de la pièce, la température, l’humidité ambiante, l’espace disponible et le développement futur de la plante sont autant d’éléments à prendre en compte.
Il faut également être réaliste quant à la fréquence d’arrosage et au temps d’entretien que nous sommes prêts à lui consacrer. La présence d’enfants ou d’animaux doit aussi être considérée, certaines plantes pouvant être toxiques en cas d’ingestion.
Il n’existe donc pas une « meilleure plante d’intérieur » universelle.
La meilleure est celle qui correspond à son environnement… et à la personne qui va s’en occuper.
Quelques plantes d’intérieur pour végétaliser nos espaces

L’aloe vera
Avec son allure graphique et ses feuilles charnues, l’aloe vera convient particulièrement aux espaces lumineux.
Comme beaucoup de plantes succulentes, elle stocke l’eau dans ses feuilles et demande donc des arrosages espacés.

Le cactus
Avec sa silhouette graphique et sculpturale, le cactus apporte du caractère et une touche végétale à nos intérieurs.
Particulièrement adapté aux espaces lumineux, il apprécie généralement une exposition généreuse et demande des arrosages très espacés.

La sansevieria
Facile d’entretien, cette plante absorbe de nombreux composants organiques nocifs comme le benzène, le toluène ou le trichloréthylène. On les trouve entre autres dans les imprimantes ou dans les effluves de tabac. Elle est donc parfaite si vous travaillez chez vous ou s’il y a des fumeurs dans la maison.
En échange, elle libère de l’oxygène pur. C’est plutôt un bon deal, n’est-ce pas ?

La fougère de Boston
Son feuillage généreux est particulièrement intéressant lorsque l’on recherche un effet végétal plus abondant et enveloppant.
Elle apprécie une atmosphère relativement humide et une lumière indirecte. Elle sera donc moins adaptée à une pièce très sèche ou à une personne recherchant une plante demandant très peu d’attention.

La plante araignée (Chlorophytum comosum)
Cette plante verte épure l’air de votre intérieur et en améliore la qualité. Elle purifie l’air que nous respirons. Selon la NASA, elle est même l’une des plantes dépolluantes les plus efficaces au monde. Elle élimine, entre autres, le benzène, le toluène, le formaldéhyde et le xylène.

Le lierre
Retombant ou grimpant, le lierre offre de nombreuses possibilités décoratives et permet notamment de travailler la végétalisation en hauteur.
Il apprécie généralement une lumière indirecte et une certaine fraîcheur. Son emplacement devra cependant être réfléchi en présence de jeunes enfants ou d’animaux domestiques.

L’anthurium et l’azalée
Avec ses feuilles brillantes et ses fleurs très graphiques, l’anthurium permet d’introduire une véritable touche de couleur dans un intérieur.
Il apprécie une bonne luminosité sans soleil direct ainsi qu’une atmosphère relativement humide. Sa floraison en fait une plante particulièrement intéressante pour associer végétalisation et décoration.
Son emplacement doit toutefois être réfléchi en présence de jeunes enfants ou d’animaux, la plante étant toxique en cas d’ingestion.

Le Lucky Bamboo
Malgré son nom, le Lucky Bamboo n’est pas réellement un bambou : il appartient au genre Dracaena.
Son port graphique permet de l’intégrer facilement dans de petits espaces.
Et pour moi qui suis également consultante Feng Shui, il présente un autre intérêt : le végétal et l’élément Bois occupent une place particulière dans cette discipline, selon les espaces et les énergies que l’on souhaite accompagner.
Une autre manière de considérer les plantes : non plus comme de simples objets décoratifs, mais comme des éléments à part entière de l’aménagement.

Végétaliser, ce n’est pas simplement ajouter quelques plantes
Dans un projet d’aménagement, j’aime penser le végétal dès la conception.
Une grande plante peut structurer un espace, accompagner une circulation ou habiller un angle difficile. Des plantes plus petites peuvent rythmer un meuble ou une étagère. Dans les espaces professionnels, elles peuvent également contribuer à rendre certains lieux plus accueillants et agréables.
Mais leur emplacement doit toujours rester cohérent avec leurs besoins naturels, les usages du lieu et les contraintes d’entretien.
Des plantes choisies pour durer
Végétaliser son intérieur ou son espace de travail ne consiste donc pas à rechercher la plante supposée la plus « dépolluante ».
Il s’agit plutôt de choisir des végétaux adaptés à leur environnement, à nos usages et au temps que nous pouvons réellement leur consacrer.
Car une plante bien choisie et installée au bon endroit a beaucoup plus de chances de s’épanouir et de nous accompagner longtemps.
Et c’est peut-être finalement cela, le plus important : faire entrer le vivant dans nos espaces et lui donner les bonnes conditions pour y trouver durablement sa place.
FAQ
Climat Plantes et pollution de l’air intérieur
Certaines plantes relativement résistantes, comme la sansevieria ou le chlorophytum, peuvent convenir aux personnes qui débutent. Mais le choix dépend également de la luminosité, de la température de la pièce et de la fréquence d’arrosage que l’on peut assurer.
Certaines espèces tolèrent une luminosité plus faible que d’autres, mais aucune plante ne peut vivre durablement sans lumière. Dans un espace très sombre, il est donc préférable de demander conseil avant de choisir les végétaux et leur emplacement.
Il faut avant tout observer la quantité de lumière naturelle, l’exposition, la proximité des fenêtres et des sources de chaleur, ainsi que les besoins propres à chaque espèce.
L’emplacement doit également tenir compte des circulations et des usages afin que la plante s’intègre naturellement dans l’aménagement.



